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Croire aux images – À propos de Saint-Savin : de l’icône byzantine aux fresques romanes

Mardi 5 novembre à 14 h 30 – Amphi G / IUT

Croire aux images – À propos de Saint-Savin : de l’icône byzantine aux fresques romanes

Rémy Prin – Scientifique, poète et écrivain

 

Né en 1947 entre Nantes et la mer, à deux pas du lac de Grand Lieu, Rémy Prin suit une formation scientifique (ingénieur électronicien, thèse en Physique du Solide). Il se passionne très tôt pour l’écriture poétique, tout comme pour les technologies d’information qu’il explore dans son parcours professionnel (applications multimédia, CD-Roms culturels) ou encore pour le langage et la création textile avec son épouse Monique (expositions en France, Hongrie, Pologne, Japon …).

Ses nombreux voyages entre Orient et Occident lui font approfondir les patrimoines et leurs images, et il pose le même regard de découvreur sur les territoires qui lui sont proches. Regard qui questionne, dans un dialogue intime de l’écriture entre le sensible et l’intelligible, le rôle du patrimoine aujourd’hui, les représentations que les hommes se donnent de leur mémoire et le dialogue des cultures.

Il est également l’auteur de nombreuses publications (poèmes, textes et photographies …).

 

Depuis toujours, les hommes créent des images et ne peuvent s’empêcher d’y croire, d’être fascinés par elles.

Aujourd’hui que notre société médiatique les déverse à flot continu sous notre regard, savons-nous les déchiffrer, en comprendre l’impact et le pourquoi de leur omniprésence ?

Dieu parle à Abraham, Saint-Savin, fin XIe siècle

L’Occident entretient un rapport singulier avec l’image : si la Bible interdit la représentation des idoles, elle affirme dès la Genèse que l’homme est à l’image de Dieu. Le christianisme va très tôt accepter et mettre en valeur les images, et c’est à Byzance qu’un premier vécu de l’image se met en place, autour de ce qu’on va nommer l’icône.

Vierge à l’enfant, Sainte-Sophie, Istanbul, 867

Ce vécu est fortement ébranlé, au VIIIe siècle, par la crise iconoclaste. L’image en Orient va en sortir confortée, mais immuable, verrouillée en quelque sorte par le religieux.

En réaction, Charlemagne et ses clercs élaborent pour l’image un statut plus libéral. Dès lors, ceux qui créent les images en Occident vont disposer d’un champ d’action plus large. Et dès la période romane, les fresques qui décorent les églises se démarquent nettement des icônes, inventant un nouveau chemin aux images, à leur rôle et à la vision du monde qu’elles traduisent, qui nous imprègne encore aujourd’hui.