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Conférence - 10 décembre 2019

Le Roman de Renart

CONFÉRENCE RÉSERVÉE EXCLUSIVEMENT AUX ADHÉRENT(E)S DANS LA LIMITE DES PLACES DISPONIBLES (200 places)

 

Mardi 10 décembre à 14 h 30 – Pôle Communication

Le Roman de Renart

Gabriel Bianciotto – Professeur honoraire – Université de Poitiers

 

 

Source gallica.bnf.fr/Bibliothèque Nationale de France

De Renart et de ses portraits : genèse, avatars et sens du Roman de Renart

Tout adulte, pour avoir été autrefois enfant, connaît le Roman de Renart : il ne peut manquer d’avoir lu ou entendu conter du héros sans doute le plus généralement connu de la littérature médiévale française, comme il l’est aussi à travers ses avatars européens : le Van den vos Reynaerde aux Pays-Bas, ou le Reinhart Fuchs allemand.

Renart appartient au panthéon de l’imagerie enfantine : il est le petit animal roux à gorge blanche dont le pelage a des affinités avec celui de l’écureuil, qui joue de bons tours à son compère Isangrin ou aux charretiers qui transportent les poissons, et qui gagne presque à tout coup contre des adversaires naïfs comme Brun l’ours ou le chat Tibert. Dans l’imagerie de sens commun liée au Roman, l’accent est donc mis sur un type de conte animal, versant zoologique d’Astérix, où le héros malin se tire, grâce à sa subtilité, de toutes les mauvaises situations, et l’emporte face aux stupides bêtes de la cour de Noble le lion qu’on se plaît à voir ridiculisées.

Mais le Roman n’est pas vraiment un conte pour enfants, en dépit des érudits du XIXe siècle dont la morale puritaine s’accordait mal avec les aventures sexuelles des protagonistes et le vocabulaire de l’œuvre, volontiers érotique ou scatologique, ou simplement ressenti comme vulgaire. Assimilé longtemps comme les fabliaux à la « littérature bourgeoise », le Roman partage avec eux à la fois un mode d’écriture élaboré, très littéraire (il parodie romans courtois et chansons de geste), et des thèmes et un vocabulaire libres, populaires. D’autre part la personnalité de Renart est beaucoup plus violemment contrastée, complexe et ambiguë, que l’image à laquelle on a donné crédit. Renart est surtout, à travers les divers contes qui composent le Roman, le masque d’un personnage derrière lequel se dissimule une nature humaine aux facettes contradictoires, comme les autres bêtes du Roman sont à la fois animaux et hommes dans une société où règne le désordre moral, politique et social.

 

 

Gabriel Bianciotto a été successivement assistant puis maître assistant à la Sorbonne (1964-1970) ; maître de conférences puis professeur à l’Université de Rouen (1970-1984) et à l’Université de Poitiers (1986-2001) . Il a dirigé le CESCM (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale) de Poitiers de 1993 à 2000.

Il a été également Recteur des Académies de Poitiers, Rouen et Orléans-Tours de 1984 à 1993.

Ses recherches ont porté sur  :

    • essentiellement, l’italianisme en France au XVe siècle (premières traductions de Boccace « vulgaire » à la cour de René d’Anjou ; Roman de Troyle et Livre de Thezeo)
    • les Bestiaires médiévaux
    • les Fabliaux et Roman de Renart

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