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Conférence - 8 janvier 2019

Les traitements modernes de la douleur

CONFÉRENCE RÉSERVÉE AUX SEUL(E)S ADHÉRENT(E)S, dans la limite des places disponibles (200 places)

 

Mardi 8 janvier à 14 h 30 – Pôle Communication

Les traitements modernes de la douleur

Philippe Rigoard – Professeur des universités – Neurochirurgien – Université et CHU de Poitiers

 

Professeur de neurochirurgie, Philippe Rigoard est chef de service de l’Unité Rachis-Neurostimulation-Handicap au CHU de Poitiers. Il est également chercheur à l’institut P’ (Recherche et Ingénierie en Matériaux, Mécanique et Énergétique) et directeur de l’équipe PRISMACTICS (Predictive Research In Spine/Neuromodulation Management And Thoracic Innovation/Cardiac Surgery) à l’Université de Poitiers.

 

La douleur est d’abord un « mal nécessaire »…

Elle nous protège d’un danger potentiel et nous permet de l’éviter, en impliquant la réactivité d’un système ancestral. Ce système d’analyse et de traitement de l’information s’étend de nos récepteurs périphériques jusqu’au cerveau.

Sans la capacité de ressentir la douleur, un individu ne survit pas longtemps.

La douleur peut ensuite, au cours de la vie d’un individu, revêtir le masque d’un mal chronique qui le ronge de l’intérieur, le meurtrit, l’enferme et le désocialise. Il ne s’agit plus d’une sensation désagréable venant stimuler un système physiologique censé protéger. Il s’agit d’une véritable déstructuration de ce système pouvant conduire à un état pathologique irréversible.

« La seule douleur qui est supportable est celle des autres »…écrivait Voltaire.

La médecine a longtemps erré, obsédée par l’ambition de « guérir » en tentant de détruire certaines cibles neurologiques jugées défaillantes. On a coupé des nerfs malades. On les a coagulés. On a interrompu des faisceaux du cerveau, de la moelle pour prétendre guérir cette maladie appelée « douleur chronique ». Ceci n’a fait que renforcer notre sentiment d’impuissance et parfois même, créer de nouvelles douleurs qui n’existaient pas avant chez nos patients…

Ces deux dernières décennies ont été imprégnées d’une forme de révolution conceptuelle : dès lors que l’on parle de douleurs chroniques, la prétention n’est plus, aujourd’hui , de guérir, mais de soulager.

Pour les douleurs les plus réfractaires, la finalité n’est plus de détruire mais de stimuler…« Neuromoduler »…la cible défaillante. Les nouveaux outils ne sont plus des sondes de thermocoagulation, chauffant les tissus à plus de 70°C mais des dispositifs de neurostimulation produisant un champ électrique ou électro-magnétique, parfois imperceptible, délivré au cerveau, à la moelle épinière ou aux nerfs. On n’allume plus le feu pour traiter un malade. On essaie de l’éteindre, curieusement, avec de l’électricité.

La pratique de la neurostimulation nécessite une collaboration intense entre cliniciens, se réunissant autour du patient sous la forme de consultations multidisciplinaires « anti-douleur ». L’implantation d’une électrode de stimulation implique un accès aux technologies les plus récentes, disponibles dans des centres hyperspécialisés : robots, microscope, systèmes de guidage et d’évaluation informatisés, réveil per-opératoire du malade. Cette mobilisation extrême de ressources pour les cas les plus désespérés explique que les traitements modernes de la douleur soient le terrain de prédilection de certains CHU de pointe, ayant la capacité de proposer une organisation des soins en réseau et un plateau technique centré sur l’innovation technologique.

Nous sommes aux balbutiements d’une nouvelle ère dans le traitement de la douleur.

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